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Germinal chinois

WEBDOCUMENTAIRE Dans Voyage au bout du charbon, le spectateur, placé dans la peau d'un reporter, explore les mines chinoises.

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La gare de Pékin, où commence le périple… ©DR

«Vous êtes journaliste indépendant… Votre enquête commence par les mines de charbon réputées les plus dangereuses au monde.»Quelques clics, et voilà le spectateur transporté au cœur de la Chineprofonde, dans un film d’un nouveau genre, où il aura pour missiond’enquêter sur les conditions de vie des gueules noires : ces «mingongs», travailleurs migrants clandestins venus des quatre coins dupays pour gagner quelques yuans auprès de patrons véreux en exécutantun travail pénible et dangereux.

Vingt morts par jour

Ils sont plus d’un demi million à creuser chaque jour plusieurs mètressous terre au péril de leur vie : les accidents et les explosions causent vingt morts par jour en Chine. Samuel Bollendorff  etAbel Ségrétin se sont rendus dans la province du Shanxi, connuelocalement comme «l’océan du charbon», pour  réaliser ce webdocumentaireinteractif, un des premiers du genre, novateur et captivant.

Le voyage débute en gare de Pékin. Le train démarre et voilà lespectateur-internaute embarqué dans l’aventure : il mène son enquête au gré des rencontres. Plusieurs scénarios se présentent à lui. En suivant unparcours illustré par des vidéos, des photographies, des interviews et des sons d’ambiancesrapportés et rassemblés par les deux réalisateurs, il est invité àvisiter un bidonville, à circuler dans un camion plein de charbon, àassister à une répétition musicale, à descendre au fond de la mine, àêtre repéré par des vigiles, et à interroger des ouvriers, patrons demines, villageois et rescapés.

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Une gueule noire, au fond de la mine. ©DR

Un texte défile sur les images et des fenêtres complètent lesinformations sur les lieux et le contexte. «Au début, j'étais trèsfrileux, parce qu'il s'agit de destins de mineurs qui vivent des choseseffroyables, qui meurent parfois dans les mines, confie SamuelBollendorff, le photographe. Il était donc hors de question de faire unjeu. Effectivement, c'est une approche ludique, mais on ne joue pasavec ces destins, c'est vraiment un documentaire.»

Confusion des genres ?

La question de la confusion des genres se pose en effet. L’histoire a été scénarisée après l’enquête des deux réalisateurs et certainesinterviews remaniées pour mener à bien le parcours proposé :  où sesitue la limite entre fiction et réalité ?

«On a décidé de prendre cette liberté, justifie Samuel Bollendorff. Cen'est pas un reportage pur, il y a des choses qu'on a été obligé deréécrire et c'est pour ça qu'il y a un avertissement au départ. Mais on est vraiment dans une enquête poussée et finalement jecrois qu'on est plus proche de la réalité que peut l'être un reportagedu journal télévisé, dans lequel le collage du commentaireet des images font qu'on raconte quelque chose de très loin laréalité.»

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Le directeur nous affirme que la mine est sûre. ©DR

Avec Voyage au bout du charbon, le spectateur-internaute expérimentedonc une nouvelle façon d’aborder les sujets d’actualité. Mais au-delàde son originalité, ce webdocumentaire propose aussi des images rares,qui le rendent d’autant plus unique.

Peu de journalistes ont pu s’approcher ainsi des mines de charbon etencore moins  descendre dans les galeries avec les ouvriers. Lesautorités chinoises contrôlent toute information sur le sujet etfreinent les enquêtes sur le terrain : un autre point fort que ce filmsoulève parfaitement.

Dorothée Frénot

Voyage au bout du charbon, de Samuel Bollendorff et Abel Ségrétin.
France, 2008. Honkytonk films / 31 Septembre.


# Voir le webdocumentaire.

 
 
 

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