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Des hommes acculés par l'histoire

SAMEDI 6 FEVRIER 2010 / 20H40 / ARTE Terres indiennes, Ric Burns. Une série documentaire imparfaite mais instructive sur l'histoire des « Native Americans ».

La série commence plutôt mal. La voix off est pénible, avec le timbre chaud des bandes-annonces de série B. Tout y est, les grands espaces nord américains vus du ciel, la musique sirupeuse, les costumes et maquillages un peu trop proprets. Sur le plan esthétique, c’est du Hollywood bas de gamme. On est dans une reconstitution historique à l’américaine, de celles que l’on voit dans les musées des États-Unis, à la fois efficaces et factices.

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Et de fait, le tout fonctionne bien, chacun des cinq épisodes donne envie de voir le suivant. On apprend énormément, la narration est prenante, et les historiens interviewés vont en profondeur. La série nous donne à découvrir des personnages méconnus, comme les chefs indiens qui vinrent en aide aux premiers colons du Mayflower, avant d’être contraints à l’affrontement. Ou encore Tecumseh, un chef de la tribu des Shawnees, qui chercha à unifier les nations indiennes et à fonder un véritable État indien.

À chaque fois, les aspects géopolitiques, anthropologiques, ou économiques sont abordés. Ainsi le film montre les mécanismes de l’endettement au XVIIe siècle : les Indiens, décimés par les maladies des Européens, s’endettent auprès d’eux pour acheter des médicaments, et pour finir, étranglés financièrement, leur cèdent toujours plus de terres.

Quelques raisonnements douteux

Pour l’essentiel, tout en montrant l’horreur tragique du destin amérindien, la série échappe aux stéréotypes classiques de la victimisation ou l’héroïsation. Cependant, l’intervention systématique des représentants de la communauté «Native Americans» n’est pas toujours convaincante. Des centaines d’années plus tard, le regard des Indiens sur leur passé ne peut pas avoir de valeur de témoignage historique. Au contraire, il mène parfois à des raisonnements douteux, tels que «si Tucumseh avait vaincu, les États-Unis seraient moitié moins grands aujourd’hui».

Le chef apache Geronimo en 1887. ©DR

Le dernier épisode de la série échappe complètement aux défauts des précédents. Il relate le siège de Wounded Knee, lieu de la dernière bataille des guerres indiennes, où les Indiens revendiquèrent leurs droits en 1973. Là, pas de reconstitution, des images d’archives, les témoignages sont ceux des protagonistes des événements.



Débarrassé des oripeaux d’une mise en scène assez vaine, le documentaire gagne en force. Et le spectateur saisit infiniment mieux tous les siècles précédents. La situation contemporaine des Indiens d’Amérique fait écho avec celles du passé, où des hommes acculés «se retrouvent pris dans un contexte historique qui les ont amenés à faire des choix très difficiles», à essayer d’éviter la guerre, pour finalement s’y résigner avec courage, sans espoir.

Antonin Otchak,
le 1er février 2010

Terres indiennes (We shall remain), de Ric Burns.
Etats-Unis, 2008, 5x75mn. American Experience / WGBH/Boston.
Episode 1: « Au temps du Mayflower, de Sharon Grimberg, Cathleen O'Connell et Chris Eyre  (samedi 6 février, 20h40). Episode 2: « La Vision de Tecumseh », de Chris Eyre et Ric Burns (samedi 13 février, 20h40). Episode 3: « La Piste des larmes », de Mark Zwonitzer et Chris Eyre (samedi 20 février, 20h40). Epidose 4: « Geronimo », de Sarah Colt et Dustinn Craig (samedi 27 février, 20h40). Epidose 5: « Wounded Knee », de Stanley Nelson (samedi 27 février, 21h55).
Diffusion du samedi 6 au samedi 27 février 2010, à 20h40, dans la case « L'Aventure humaine ». Disponible en coffret DVD, Arte éditions , 40€ et en VOD gratuite en version originale non sous-titrée sur la chaîne américaine PBS.

 
 
 

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