Le film du siecle la nullité d l'année le coin de la bd l'oeil du collégien
A LA UNE / LES YEUX ROUGES
CINEMA / LES YEUX ROUGES
TELEVISION / LES YEUX ROUGES
DVD / LES YEUX ROUGES
FESTIVALS / LES YEUX ROUGES
WEB / LES YEUX ROUGES
ARCHIVES / LES YEUX ROUGES
Imprimer Envoyer
Quand le Louvre drague les jeunes

SUNNY SIDE OF THE DOC Le Sunny Lab du marché est revenu mardi après-midi sur 4Semaines, un projet web novateur entre Arte et le musée du Louvre, créé dans les conditions du direct du 18 septembre au 18 novembre 2009.

fest_ssd2010_5
La collision des images d'hier et d'aujourd'hui. ©DR

Ses deux maîtres d'oeuvre, Joel Ronez, du pôle web d'Arte, et Catherine Derosier-Pouchous, du Louvre, ont souligné l'évidence d'une telle collaboration – qui ne s'était jamais vue entre un grand musée national et un grand diffuseur télévisuel.

Pour Arte, dont les beaux-arts sont le terrain naturel d'élection (qu'on se rappelle la série Palettes, déjà coproduite avec le Louvre), il s'agit de décliner son positionnement d'expert de la culture sur le web en s'adaptant à ses pratiques.  Pour le Louvre, soucieux «d'inscrire le musée dans la vie contemporaine», on suppose qu'il s'agit de susciter chez un public peu enclin à se rendre dans les musées une appétence pour l'art «noble», en le désacralisant, en le mêlant à la vie de la cité, au quotidien.

Ludique mais parfois superficiel

En d'autres termes, pour l'un comme pour l'autre, il s'agissait d'attirer un public jeune et non-captif en dédramatisant le rapport aux oeuvres. C'est ce qui fait l'attrait de ce projet et sa limite.

L'expérience 4Semaines a consisté à produire du contenu audiovisuel en fonction de l'actualité. 65 contributeurs venus d'horizons très divers (des documentaristes, des auteurs, des plasticiens, des musiciens, jusqu'à Umberto Eco, alors résident au Louvre pour son exposition sur «le vertige de la liste») ont été sollicités. Les vidéos (de deux minutes en moyenne) ont été quodiennement conçues, «signées» par le même habillage graphique, et mises en ligne durant vingt-huit jours en suivant quelques principes simples.

Au plan technique les films sont d'excellente qualité, avec un temps de chargement rapide pour une bonne qualité d'encodage. Au point de vue de l'ergonomie, le site (dessiné par Upian) est très réussi. Il permet plusieurs niveaux de navigation, avec une frise chronologique comme épine dorsale, mais offre aussi aux internaute une réelle interactivité avec des quizz dotés de cadeaux sur des tableaux du musée.

L'ambition, qui était d'être ludique et de décadrer le contexte de réception des oeuvres, est pleinement atteinte. Avec 33 000 visites et 200 000 vidéos vues, les deux parties se disent satisfaites de l'expérience.  D'ailleurs, Arte et le Louvre cherchent actuellement un modèle pérenne à ce «pilote» et envisagent de travailler avec un producteur délégué.

Mais si les «collisions référentielles» produisent parfois des mises en abîme saisissantes, une circulation du regard, de la pure sensorialité, c'est-à-dire une expérience esthétique (les séquençages alla Godard de Luc Lagier, par exemple), force est de constater une certaine tendance accumulative, qui ramène bien souvent les oeuvres au rang de catalogue iconographique illustrant un discours de surface. C'est la limite de réagir à chaud sur l'écume de l'actualité : affadir les oeuvres dans l'anecdote.

Paul Eolienne
 
 
 

LES YEUX ROUGES