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Bête et méchant

DVD Choron dernière, Pierre Carles et Martin. Ce film engagé rend un hommage inégal à Georges Bernier, alias le Professeur Choron, cofondateur d’Hara-Kiri puis de Charlie Hebdo, décédé en 2005.

Le Professeur Choron, personnalité contrastée de la presse satirique française, méritait bien un hommage. C’est la thèse de Pierre Carles et Martin et l’objectif de leur film. En (re)découvrant le personnage, on ne peut que tomber d’accord avec eux.
Il était cynique, drôle, souvent vulgaire et très politiquement incorrect, bref, «bête et méchant».  Et ça faisait du bien.

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Le film, lui, ne mérite pas autant de louanges. Composé d’archives télés, d’interviews de membres actuels ou passés de la bande de Charlie Hebdo et, surtout, d’un long entretien où Georges Bernier revient sur les lieux de son enfance, le résultat est très inégal.

Une polémique stérile

Accumulées en début de film, les séquences où les réalisateurs attaquent l’équipe actuelle de Charlie Hebdo semblent vaines.

Leur thèse ? «Ce sont trois humoristes qui sont devenus terriblement tristes et qui cherchent à gommer Choron de l’histoire de Charlie Hebdo, comme on gommait les gens gênants sur les photos staliniennes… Quand Choron est mort, il était endetté jusqu’au cou. Pendant ce temps, Cabu, Val et Wolinski buvaient leur bière chez Lipp.»


Ouais. Pourquoi pas. Mais il faut choisir. Soit le film est un portrait du Professeur Choron, soit le film est une démonstration visant à pouver que le Charlie d’aujourd’hui ne vaut rien. Et bien que l’action en justice intentée - sans succès - par Cabu, Wolinski et Val soit du plus haut ridicule (ce dernier brandissant haut et fort la liberté d’expression, mais surtout pour lui), les passages dans lesquels ils interviennent et où les réalisateurs veulent à tout prix les épingler noient le spectateur.



Le courageux qui aura tenu la première moitié du film et ses polémiques stériles atteindra enfin l’essentiel : les coulisses de la provoc et l’attachement de Georges Bernier à la presse d’une part (il a, par la suite, édité Gros Dada ou La Mouise), et aux gens simples d’autre part.

C’est là la seule réussite des réalisateurs, comme le souligne Martin : «Finalement, c’est Choron lui-même qui emporte l’adhésion du public. Parce qu’il est naturellement drôle, touchant, même. Il m’entendrait dire ça, il me balancerait son verre de champagne à la gueule en me traitant de connard. Il détestait qu’on dise qu’il était quelqu’un de bien.»

C.P.

Choron dernière, Pierre Carles et Martin.
France, 2008, 98 mn. Muriel Merlin / 3B Productions / Pages et images / Yorame Merovach / Créative sound.
Sortie en salles le mercredi 7 janvier 2009. Disponible en DVD, C-P Productions, xx€.

 
 
 

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