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Hulot : «Mes espoirs et mes désespoirs»

ENTRETIEN  Le Syndrome du Titanic est le premier film de Nicolas Hulot, 54 ans. Le journaliste/présentateur confirme ainsi qu'il est un des Français qui  consomme le plus d'énergie pour sauver la planète ou ce qu'il en reste.

Les Yeux rouges : Pourquoi avoir choisi le « je » en voix-off?

Nicolas Hulot : Je ne voulais pas donner le sentiment de m’exclure de tout ça. Je travaille sur l’environnement depuis plus de vingt ans : j’avais envie de livrer mes espoirs et désespoirs. C’est une sorte de confession, un dialogue que j’engage avec les spectateurs.


Justement, verra-t-on Nicolas Hulot sur toutes les chaines de télévision en ce début octobre?

Non. J’ai souhaité qu’on fasse un accompagnement de ce film plutôt sobre, sur le terrain, en engageant le dialogue pendant six semaines dans différentes villes de France. Sans doute vais-je continuer cela ensuite à l’étranger, car ce film peut être exporté. Il n’a pas été tourné simplement pour les Français.



On ressent l’influence des décroissants dans votre film. Vous parlez même de «sobriété heureuse», une expression chère à Pierre Rabhi. Pourtant, on vous décrit souvent comme un adepte du développement durable et non de la décroissance. Où vous situez-vous aujourd’hui? Avez-vous évolué?

Mon analyse se nourrit de celles des adeptes de la décroissance comme Viveret et Rabhi, avec qui j’entretiens des dialogues permanents, mais je ne suis pas un promoteur de la décroissance absolue. Je ne vois pas comment on pourrait l’obtenir dès aujourd’hui sans chaos social. Mais on y viendra, de gré ou de force. Alors il faut organiser une décroissance sélective, comme celle du pétrole ou encore celle des trajets commerciaux de vivres et de biens: nous exportons par exemple vers l’Asie les mêmes produits que nous importons de ce continent!


«Ne refusons pas le changement»

Le Syndrome du Titanic peut paraître assez noir: y a-t-il encore
une place pour l'espoir?

Bien sûr! Le défi qui nous attend est une occasion unique de réconcilier les maux à venir et le progrès. L’homme est capable de faire de grandes choses. Mais, pour paraphraser le film, nous sommes aujourd’hui confrontés à la profusion des moyens et la confusion des intentions. Il va falloir faire des choix, et tout choix est renoncement… mais pas forcément «privation». La liberté, c’est la loi qu’on se fixe à soi-même ! Ce film est destiné aux politiques, mais ils ne feront rien si les citoyens ne le leur demandent pas. Il ne faut donc pas se dire que la crise environnementale ne nous concerne pas. N’ayons pas peur de la mutation. Et si, demain, on nous la propose, ne refusons pas le changement.

Propos recueillis par Julie Marchand et Antoine Gazeau
Le 21 septembre 2009, à Nantes

 
NICOLAS HULOT
cine_syndrometitanic6.jpg
© LYR/Gazeau

Nicolas Hulot, né le 30 avril 1955 à Lille, est un reporter écologiste.
À la suite du succès de son émission télévisée Ushuaïa, il s'est engagé de plus en plus dans la protection de l'environnement.
Il crée en 1990 la Fondation Ushuaïa qui devient en 1995
la Fondation Nicolas-Hulot
pour la nature et l'homme
.
Après avoir envisagé d'être candidat à la présidentielle pour que les questions écologiques pèsent dans la campagne, il se retire en janvier 2007 après la signature du Pacte écologique par la plupart des candidats des partis.

 
 

 
 
 

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