Le film du siecle la nullité d l'année le coin de la bd l'oeil du collégien
A LA UNE / LES YEUX ROUGES
CINEMA / LES YEUX ROUGES
TELEVISION / LES YEUX ROUGES
DVD / LES YEUX ROUGES
FESTIVALS / LES YEUX ROUGES
WEB / LES YEUX ROUGES
ARCHIVES / LES YEUX ROUGES
Imprimer Envoyer
La dislocation de l’URSS

HISTOIRE  Les «Mercredis de l’Histoire» proposent une série documentaire en cinq volets sur «l’effondrement du bloc de l’Est». Cette série commence par la Russie (ou plutôt l’URSS) et la Pologne, avant d’aborder les cas hongrois, roumain et lituanien.

Les films qui composent la série ont une approche similaire : un individu méconnu, placé au cœur des événements, les raconte. D’autres témoins, parfois des personnalités plus en vue, sont interviewés, et apportent leur regard et des explications complémentaires.

tv_effondrementest1.jpg
La fin d’une rivalité politique : Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine
© Alexander Tschumitschow/ Le Vision


Russie – Le Photographe de la perestroïka suit le photographe officiel de Mikhaïl Gorbatchev. Mais l’homme, qui a au final peu agi et, semble-t-il, peu compris, joue plutôt le rôle de prétexte. L’étude est centrée sur le secrétaire général du PCUS, arrivé au pouvoir en 1985.

Gorbatchev était certes un personnage de premier plan. Mais son parcours permet de constater la dislocation de l’URSS, pas de la comprendre. Le documentaire manque de profondeur d’analyse, se contentant d’enchaîner les faits sur le plan essentiellement institutionnel. Il conclut par un argument d’autorité («Il ne fait plus aucun doute») que l’URSS n’était pas réformable, idée qui aurait méritée d’être un peu illustrée, sinon démontrée.

Saut dans l’inconnu

Le recul aurait été de montrer la façon dont les choix des individus ou des groupes sociaux ont déterminé la succession des faits. En particulier le sabordage du système par ses propres dirigeants, les bureaucrates grands ou moyens. Au lieu de cela, nous voilà réduits à penser que ce qui est arrivé était écrit.

tv_effondrementest2.jpg
La conductrice de tramway Henryka Krzywonos-Strycharska © Le Vision

Pologne – Henryka et la naissance de Solidarnosc est bien plus réussi. Le personnage principal, Henryka Krzywonos, simple conductrice de tramway en 1980, est devenue une des dirigeantes de la grève à Gdansk. Son évolution personnelle montre bien celle de la situation, où les masses basculent du mécontentement à la révolte ouverte, des revendications sociales à la lutte politique.

Quelques individus de sa trempe se placent en première ligne, font spontanément le saut dans l’inconnu, en pleine dictature féroce (dix ans plus tôt, 80 ouvriers avaient été tués au cours d’une grève au même endroit). Le film, très vivant, porté par cette forte personnalité d’Henryka, se cantonne toutefois au reportage peu approfondi, qui montre beaucoup mais explique peu.

Cependant la confrontation avec le documentaire précédent n’est pas inutile: si l’URSS s’est effondrée du fait du cercle restreint de ses dirigeants, en Pologne la population exprima de façon réitérée son rejet de la dictature et des conditions de vie misérables des travailleurs, jusqu’à paralyser le régime.

Antonin Otchak

Russie – le photographe de la perestroïka, de Stephan Kühnrich
Allemagne, 2008, 52 mn. Le Vision.

Pologne – Henryka et la naissance de Solidarnosc, de Malgorzata Bucka
Allemagne, 2008, 52 mn. Le Vision.
Diffusion le mercredi 6 mai, à 20h45 sur Arte.
La suite de la série les mercredis 6 et 13 mai 2009, à 20h45, et le mercredi 20 mai 2009, à 21h35, toujours sur Arte.

 
 
 

LES YEUX ROUGES